Astrologie, Neptune
et la notion de temps
Voilà
plus de quinze ans maintenant que l'astrologie me passionne.
Ayant
acquis les bases élémentaires par l'étude des livres de Max
Heindel,
Gustave Lambert-Brahi, Claire
Santagostini, Armand Barbault et autres classiques de
l'astrologie
traditionnelle, je restais frustré qu'aucun d'entre eux ne
parle de sens.
A cette époque,
ma vie
personnelle, était
ébranlée par des drames successifs. Je ne m'y attendais
pas du tout. C'était brutal. Malgré tout,
une force intérieure maintenait mon besoin de comprendre.
C'était peut-être aussi le sens
indiqué par le 22ème °degré Sabian du
Capricorne où se trouvait Saturne Rétrograde en transit en
maison I à ce moment-là et qui parle de "force
intérieure".Ma route a ainsi croisé les écrits
de Ruperti et ceux de Rudhyar.
Je découvrais
"La conscience de l'Atome" d'Alice Bailey et dévorais
toutes sortes de livres
philosophiques
et théosophiques.
Et puis, chemin
faisant, sur la
"route illuminée", j'ai rencontré les écrits de
Krishnamurti et plus recemment ceux de Carl.G. Jung. Je pourrais aussi
citer le très beau livre d'Hermann Hesse, "Siddharta".
Ma relation à l'univers a
changé, balayant bon nombre de clichés, dogmes et
sentences
d'un autre âge.
J'ai découvert parmi ces chercheurs authentiques,
des idées communes qui mènent vers deux notions
fondamentales : l'identification et la désidentification ; la
première paraît liée
au
couple Saturne-Lune et la seconde à Neptune. Idée crutiale pour moi
d'autant plus que
dans
mon thème natal, Neptune est culminant et le Noeud Nord natal est
en Capricorne en Maison I
Pour quelle raison ai-je
donc
intitulé cet article "Astrologie, Neptune et la notion de temps"
?
Il se trouve que
je suis encore dans une phase de Nouvelle Lune progressée
et que
la
fin du cycle précédent m'a donné une impression d'avoir fait le tour
et d'en être arrivé au
même
point, enfin, pas tout à fait quand même.
Cette expérience
de 15
années m'a-t-elle permis de découvrir la
vérité ? Non. J'ai obtenu, je pense, quelques éléments
de réponse, mais j'ai surtout acquis plus d'incertitudes que de
certitudes. Au point de me demander si j'allais persister dans mes
études astrologiques. Et puis l'évènement
astronomique concernant le "déclassement de Pluton" a
forcé mon regard sur Neptune, planète occupant le MC de
mon thème natal.
Neptune est
désormais la
dernière planète de notre système, ce qui n'a rien
de
fâcheux puisqu'elle est reliée symboliquement au Signe des
Poissons, dernier signe du zodiaque. Or, la révolution de
Neptune autour du Soleil est hors du temps d'une vie humaine
puisqu'aucun être humain n'a pu expérimenter un cycle
complet de Neptune.(164 ans soit deux fois le cycle uranien)
Alors, Neptune serait une
utopie ? l'inaccessible ?
A ce sujet j'ai
découvert un
passage intéressant dans des entretiens avec Sri Nisargadatta
Maharaj, extrait du livre "Sois!" :
Lorsqu'on
lui demande s'il "est au-delà des influences astrologiques",
voilà ce qu'il répond :
"Cet
état corporel est esclave du temps, il se tient entre naissance et
mort. Même cette
actuelle évidence "je suis" est, comme l'état de veille et de sommeil,
un état transitoire.
Ce besoin
de prédictions, de savoir ce qui va arriver, est une preuve de votre attachement
à cet état corporel. Il y en a un sur un million qui soit
capable de comprendre
ce qie je dis, l'assimiler et le devenir. La grande majorité des
gens qui viennent ici
s'efforcent de me comprendre au niveau corporel. Vous êtes
tous liés les uns aux autres
par votre mutuelle intimité, vos affections, vos amours. Cette adhésion
à votre intimité,
vous empêche de vous débarrasser de votre état corporel,
émotionnel, intellectuel
et tant que dure cette identification, il est impossible
de comprendre la
conscience. Un homme fait tomber un billet de mille dollars dans la
mer. Il plonge
pour
rattrapper le billet à cause de son rapport étroit, de son
intimité avec ces mille
dollars. Il plonge et il se noie. Cette intimité, cette familiarité
avec ce que vous
appelez la vie est la corde qui vous étrangle. L'intense désir de
prolonger son êtreté
n'existe pas pour le Jnani, pour l'Absolu. Et celui qui est centré sur
ses émotions,
comment
peut-il libérer les autres ?
Le
Jnani est ce principe qui recouvre la conscience, l'être et les deux
autres états.
La conscience est liée au temps
et, également, l'état d'éveil et de sommeil profond.
Cela
est reconnu, compris et observé par le Jnani, par l'Absolu. C'est
pour cela qu'il
n'est pas affecté par tous ces jeux de la conscience. Cette conscience
est d'une grande
puissance, elle vous associe à tout cela, vous enchaîne, fait de vous
une balle
propulsée de ci, de là. Cette conscience est l'illusion primordiale,
c'est la force la plus
haute, elle vous a attrappé, vous a pris au piège. Il
vous faut reconnaître ce piège, comprendre ce qu'est ce
principe et, à la faveur de ce processus de
compréhension, vous
lui échapperez".
De Neptune, Rudhyar écrit que
"dans une maison astrale, Neptune transforme
en dissolvant tout ce qui reste du passé mais il détient, dans cette
dissolution et
dans cette dépersonnalisation mêmes, les contours subtils d'un futur
plus vaste et
plus inclusif, peut-être ce qu'on appelle souvent une utopie".
Nos
personnalités
plus ou moins conscientes de cet appartenance au "tout"évoluant
dans ces dimensions d'espace-temps passent par la phase
d'identification de tous les aspects auxquels elles sont liées
provisoirement.
A
chaque fois que Neptune "touche" ces aspects de notre personnalité,
il peut donner un sentiment de déception ou alors de futilité,
d'humilité, et il est permis de
penser que c'est ce moment neptunien qui permet de porter un regard
conscient vers l'essentiel.
Personnellement, j'ai commencé à le vivre alors que
Neptune transitait la
Maison I de mon thème natal au 13ème degré Sabian du Capricorne qui
dit ceci et qui
s'inscrit dans l'événement brutal de ma vie évoqué plus haut :
"Un
adorateur du feu médite sur la réalité ultime de l'existence.
Dominante :
la quête intérieure de principes fondamentaux par delà le jeu de la vie
et
de
la mort.
Par-delà
le plaisir
culturel et l'acharnement à accumuler des connaissances
sensibles inutilisables, on trouve "l'aventure de la conscience",
volontaire et déterminée, que recherche l'occultiste, le yogi ou le
mystique. Le mystère du feu a toujours captivé l'imagination humaine
parce qu'il est le mystère de toutes les transformations qu'entoure
l'énigme de la mort.
A
une époque où l'ensemble du genre humain est menacé d'anéantissement,
la méditation intérieure fascine un nombre croissant de gens."
La
question clé de ce symbole serait : "sommes-nous
prêts à démontrer notre volonté
de
*transcendance
?"
Nous
ne pouvons ignorer la question de la conscience lorsque nous nous
hasardons dans
de telles réflexions. Pour l'oriental, la conscience est Maya. Nous
sommes la totalité de
l'univers et nous pouvons accéder à cette conscience totale du
manifesté. Or ce qui a
produit le manifesté "est", mais n'aurait pas de conscience puisque
c'est la conscience même
qui produit et entretient le monde manifesté.
C'est
probablement là que le symbole de Neptune prend tout son sens.
Neptune dissoud
tout
ce qui nous attache au monde manifesté et nous
désidentifie à lui. Or pour se désidentifier
il
faut certainement passer par l'identification de ce qui nous attache
à "Maya". Si bien que
lorsque
nous avons identifié la source de tous nos sentiments,
émotions, comportements,
nous sommes dans un état de Totalité, dans un état neptunien. Tout en
étant manifestés,
nous sommes hors du temps parce que nous n'en avons plus besoin. Où que
nous soyons,
notre centre est présent, identifié. Il est à la
fois le passé le présent et le futur. Dans cet
état, tout le reste n'a probablement plus beaucoup d'importance., ou du
moins, une importance relative.
En
essayant de relier
l'idée de Totalité chère à Rudhyar à
celle de défragmentation nécessaire chère
à Krishnamurti et puis l'idée d'unification consciente de
la part d'ombre et de la part de lumière chère à
Jung, nous atteignons la sphère de Neptune. Nous devenons
les
témoins vivants du monde manifesté et en même temps percevons la source
de toute
manifestation qui elle, est hors du temps.
"Quiconque a expérimenté
que les contraires "du fait de leur nature" peuvent s'unifier grâce au
symbole de telle manière qu'ils ne tendent plus à se disperser ni à se
combattre, mais au contraire à se compléter réciproquement et à donner
à la vie une forme pleine de sens, n'éprouvera plus de difficultés face
à l'ambivalence de l'image d'un dieu de la nature et de la création"
(Ainsi s'exprime Jung dans ses "souvenirs, rêves et pensées")
Le
système symbolique
de l'astrologie ne pouvait pas mieux représenter ce principe
de
Totalité et Rudhyar a su le rendre cohérent à nos sens. Il a pu
ainsi s'adresser à tous les
êtres
humains.
Jacques
A suivre ....