Phase de Nouvelle Lune Progressée

Dans un thème natal, le moment d'une nouvelle lune progressée est important et dans ce cas il est intéressant d'en connaître la période afin de mieux comprendre ce qui se passe dans notre vie intérieure.
   Bien souvent on est porté à consulter les éphémérides à ce moment là, justement parce
qu'on sent qu'il se passe quelque chose. C'est en tous cas ce que j'ai moi-même ressenti très profondément lorsque ce cycle soli-lunaire progressé s'est opéré en moi, alors que j'entrais dans ma cinquantième année.
    Cette phase marque la fin d'un cycle de vie de trente ans et le début d'un autre cycle de même durée. Cette transition est l'occasion d'un bilan, d'un regard derrière soi pour évaluer le chemin parcouru, observer ce qui n'a pas été fait, ou en partie.
Je livre ici ma propre expérience. Elle pourra être différente pour d'autres et il ne faudrait pas en faire une généralité.
Ma première Nouvelle Lune Progressée s'est produite à l'âge de 21 ans et j'en ai gardé le souvenir d'une période psychologiquement assez trouble, ne sachant pas trop ce que
j'allais faire de ma vie.
    Ce que j'ai retenu de ces deux expériences de Nouvelle Lune progressée est le sentiment d'être dans une phase de changement. Se dire qu'on en est là mais qu'il faut commencer autre chose, penser un projet de vie. Il est certain qu'à 21 ans, mon projet de vie était surtout calqué sur le modèle social et moral qu'on m'avait inculqué. Il se présentait à moi et je m'y trouvais naturellement impliqué, consciemment ou pas. Plutôt inconsciemment. A cet âge-là, on n'a pas le même recul ni les mêmes références que l'on peut avoir à cinquante ans, lorsqu'on fait le bilan de trente années passées.
    Lorsqu'est donc arrivé ce moment de bilan d'une trentaine d'années d'expériences diverses, j'ai eu l'impression d'être arrivé au terme de quelque chose, avec le désir d'une orientation différente. Mais tout ceci ne vient pas subitement mais plutôt progressivement, avec l'impression que tout s'éteint pour ne laisser momentanément qu'un désert, une impression d'avoir oublié tout ce qui s'est passé avant. Une espèce de nudité qui donne une impression d'isolement. Un sentiment de peur, aussi, se manifeste.
    On a l'impression que plus rien ne se passe, que tout stagne.
   La Nouvelle Lune progressée s'est trouvée sur le deuxième degré Sabian du Taureau dans la maison IV de mon thème natal, en conjonction avec Mars, ce qui lui donne une plus grande importance. Des affaires familiales ont rythmé cette période.
    Sans entrer dans les détails de ces évènements, j'ai ressenti cette phase comme une réflexion sur ma place au sein de ma famille natale, sur mon rôle en tant qu'individu, sur les raisons et les motivations profondes de mes recherches.
    Il s'est produit en moi un changement important. Par exemple à propos du passé ; les souvenirs, bien que restés intacts intellectuellement, se sont vidés de leur charge émotionnelle. Disons qu'il y a toujours une émotion à revoir des lieux de son enfance ou même les lieux de vie de ses ailleux lorsqu'on les découvre, par des recherches généalogiques. Mais cette émotion n'est ni envahissante, ni débordante ni nostalgique. Simplement le plaisir de retracer des cycles de vie et d'en ressentir le contenu.
    En même temps que se préparait cette nouvelle lunaison, (en Août 2005) Pluton franchissait mon Ascendant. ( à l'époque où il était encore considéré comme une planète).  C'était en 2004, période où Neptune transitait sur Mercure natal.
Ce cycle précédent s'achevait avec un besoin d'essentiel, comme un besoin d'aller vers autre chose. Une impression d'isolement s'est faite ressentir et c'est probablement ce qui se passe lorsqu'il y a rupture émotionnelle avec ce qui  lie au passé. Il se crée un besoin d'indépendance vis à vis de certaines relations, vis à vis d'une certaine information médiatique.
C'est aussi le début de la période où je me suis mis à étudier Carl Jung, afin de plonger dans mes propres racines , et aller y chercher la part sombre de moi-même, non pas pour la faire disparaître mais pour l'intégrer à l'énergie lumineuse qu'elle côtoie.
Prendre conscience, c'est se retrouver seul avec soi-même, c'est établir les bases solides
de son individualité, incarner une paternité.
C'est dans ce contexte psychologique que s'est engagé le nouveau cycle soli-lunaire.
Jacques, le 22 juillet 2007